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Quand notre plus grande peur devient notre plus grande fierté

réflexions Équestres Oct 09, 2019

Avant de partir sur les routes avec mes chevaux pour le Projet Evolution, je n’avais jamais transporté des chevaux en tant que conducteur. Et je n’avais roulé avec une remorque que pour passer le permis spécial, quelques mois auparavant.

J’avais prévu de m’entraîner pendant plusieurs semaines avant mon départ, et ce d’autant plus que transporter des chevaux me terrorisait littéralement. 

Le simple fait d’être passager d’une voiture tractant un van avec un cheval à l’intérieur m’angoissait terriblement, sans avoir de vraie raison pour cela. 

J’ai travaillé pendant des années à ne pas me laisser dominer par mes peurs et mes angoisses. 

Pourtant, et même en sachant que c’était une peur irrationnelle, je ne pouvais m’empêcher d’imaginer les pires scénarios, du cheval qui panique dans le van au problème technique et à tous ces moments horribles qu’on nous raconte comme des légendes urbaines, dans la forêt, devant un feu de bois.

Il était donc d’autant plus important pour calmer cette angoisse difficilement contrôlable que je m’entraîne suffisamment, d’autant plus que je n’avais jamais conduit un van, que j’allais rouler seul avec mes deux chevaux, avec un van largement hors des dimensions habituelles (11,50 mètres avec la voiture, pratiquement la longueur d’un semi-remorque !), et que je partais pour plus d’un mois de trajets assez longs, sur des routes que je ne connaissais absolument pas.

Le problème est qu’un enchaînement incroyable de circonstances, que je vous raconterai plus tard, a fait que je n’ai pu aller chercher mon van que trois jours avant le lancement du Projet et que je devais aller le chercher à Toulouse (à 900km de chez moi) et le ramener, avec une nouvelle voiture que j’avais réceptionné la veille…

Les deux premières heures de route avec le van étaient essentiellement des chemins sinueux et des routes de campagne. 

J’ai du changer un pneu crevé sur le van à mon premier arrêt sur une aire de repos.

La pose des autocollants sur le van et la voiture a pris tellement de temps à cause des mauvaises conditions météorologiques que je n’ai pu les récupérer que la veille de mon départ avec les chevaux, à 23 heures.

A part le retour de Toulouse, je ne m’étais pas entraîné à manœuvrer, et je n’avais toujours jamais transporté un cheval avant de charger mes deux chevaux seul et de me mettre en route pour les 600 premiers kilomètres…

J’ai passé deux nuits entières sans pouvoir dormir avant de descendre chercher le van à Toulouse. Les pires scénarios ont tourné dans ma tête durant deux semaines malgré toutes les techniques de relaxation que je connaissais. Et quand je parvenais à calmer mon esprit, c’est mon corps qui restait sous tension et que je ne parvenais pas à détendre.

Avant de charger mes chevaux mes mains tremblaient et il fallait que je sois constamment occupé pour ne pas être au bord de la crise de panique.

Je ne me sentais simplement pas capable de surmonter cette angoisse. Elle n’avait aucun sens, je le savais au fond de moi, mais, je l’ai compris plus tard, transporter mes chevaux représentait bien plus que le risque d’un transport en van. 

Transporter mes chevaux représentait toutes les peurs que j’avais encore en moi.

Toutes mes peurs d’enfant non résolues.

Les restes de mon manque de confiance en moi.

Tous les jugements négatifs que j’avais sur moi et sur ma capacité à aller au bout de quelque chose d’important.

Sur mon manque de confiance dans ma capacité à me dépasser.

Pendant plusieurs semaines avant de passer le permis remorque j’ai cherché toutes les solutions possibles pour éviter de devoir rouler en van, pour ne pas devoir me confronter à cette peur et à tout ce qu’elle symbolisait.

Et la vie m’a fait les plus beaux des cadeaux.

 Elle m’a fait comprendre que je tenais tellement à ce Projet, à ce rêve fou, pour dépasser toutes mes peurs et les obstacles.

 Elle m’a fait prendre conscience que je pouvais regarder mes peurs, mes angoisses, mes doutes, mon manque de confiance en moi, dans les yeux.

 Les regarder et leur dire : «Vous ne m’arrêterez plus.»

 Leur dire : «Je vous ressens, je vous regarde, je ne lutte pas contre vous, mais je vais quand même le faire.»

 Leur dire  aussi : «Merci d’être là. Merci de m’avoir protégé jusqu’ici. Merci car vous allez m’aider à être attentif et prudent. Je vous accepte complètement et c’est ce qui me rend plus fort».

 Ce moment où j’ai chargé mes chevaux, où j’ai fermé le pont arrière, démarré la voiture, regardé mon chien Simba assis sur la banquette et où j’ai pensé «On y va» restera pour toujours dans ma mémoire.

 

Ce jour-là, j’ai osé dépasser mes limites. J’ai compris que si on lutte contre la peur on la laisse souvent nous arrêter. Que l’accepter pleinement ne nous empêche pas d’avancer vers ce qui est important pour nous.

 J’ai aussi compris que le vrai courage, la vraie détermination, ce n’est pas de ne pas avoir peur, c’est d’avancer malgré tout.

 Alors j’ai pensé à mon rêve, j’ai pensé à ce que j’allais vivre. J’ai pensé au risque que mes angoisses et mes peurs se réalisent (beaucoup d’entre elles se sont d’ailleurs réalisées !) mais j’ai aussi pensé à toutes les choses extraordinaires que j’allais vivre. 

J’ai compris que tout était déjà là. 

La peur et la force. 

Les problèmes et les solutions.

 Les galères, les coups durs, les problèmes, mais aussi les moments exceptionnels, l’entraide, la solidarité et les souvenirs qu’on garde précieusement.

J’ai compris qu’il suffisait de plonger dans cet inconnu avec un mélange de détermination et d’abandon, avec une confiance absolue dans notre capacité à tous d’évoluer, d’avancer coûte que coûte. Et que les beaux moments n’existent que parce qu’il y a aussi la peur et les moments difficiles.

Alors j’ai caressé Simba, je lui ai dit quelques mots, et j’ai doucement appuyé sur l’accélérateur…

Pierre. 

PS : J’adorerais, si vous avez un moment savoir quel est le moment qui vous a rendu le plus fier de vous-même et pourquoi ?

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